poèmes 2019, Poésie, Recueil - Chiffres et bagatelles, Vers libres

Cinquième Avenue

ils avaient dit qu’ils
pouvaient le faire, oui, nous
pouvons, mais quoi, mais nous aussi
nous voulons
choisir
le maître du jeu, maître des
cartes, temps
qui s’écoule, trouver la
solution avant le verdict
quelle autre force quelle autre
équilibre, monde sans
espace
où trouver un tant soit peu de place
pour exister

cultiver son jardin, nul ne peut
ignorer les classes qui se partagent les limites
limitrophes
frontières
éléphant sans panache, trompe
son monde, nous n’avons pas choisi et il
dirige le monde, à sa façon, quelle est
cette décision où nous n’avons pris part, la terre
ne tourne pas rond, nous subissons des
degrés Celsius qui s’accumulent, encore deux
encore peu
et tout ira à vau-l’eau

glaces fondantes à souhait sans doute
été caniculaire, la
fraîcheur de l’air, la fraîcheur
de l’eau qui couvrira des terres, des
désastres, oui, c’en est un
élection de lois d’airain
colosse aux pieds d’argile
les pieds dans
l’eau, au frais, trop sans doute
chevilles enflées et tête bibendum
nous ne sommes plus des hommes, mais des
pions que sommes-nous d’autre
que ce sourire
esquissé un jour
naïvement

les drapeaux et les poings se lèvent
épées sans trêve, été qui crève
de voir les nuages s’amonceler, guerres
pour l’eau, guerres pour la paix
clans
on ne peut que choisir son camp, son
petit pouvoir de guérison, les charmes
de l’écologie, économies sur la
déforestation, les jeux de jambes continuent, poignées de main
échangées, je
ne suis pas de celles qui baissent les bras
qu’importe les décisions d’état, je choisis
de survivre pour quelques siècles encore
trésor
de celui qui fait ce qu’il doit faire
ce qui doit être fait
gaspillage limité, jouez
donc vos trompettes de mort, accords
sans faux semblants, nous
vaincrons par l’audace de la patience
éteindre le feu par le jeu des gouttes
d’eau à n’en plus finir, nombreux sont ceux
qui essaient de faire quelque-chose, qui
lèvent les drapeaux blancs
nous voulons
que chacun joue le jeu de l’effort

ils avaient dit yes, ils le pouvaient, ils
pouvaient changer la donne, mais laquelle ? je ne
vois pas le changement, pourtant
ils sont là ceux qui sont cachés, ceux qui veulent
sauver la fleur, sauver l’espèce
les indiens ne meurent plus sous les coups de fusils, ils
s’éteignent de vouloir garder la terre, forêts
écoutez-nous, sauvez donc
vos racines d’ici, fuyez
allez donc vous cacher pour quelques siècles encore
mettez-vous à l’abri, nous ne sommes
ni paisibles ni amis
je crie mais va savoir
qui entend, répliques à n’en plus finir, à n’en plus être aux siens

mes pas s’en vont là-bas comme autant de suppliques
qui ne riment à rien

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s