Poésie, Recueil - Chiffres et bagatelles

Deuxième main

Lève-toi, petite, petit être
raconte : qui sommes-nous ? De quoi
sommes-nous faits ? Miroirs
de brumes et d’épées, je ne suis
que ce chiffre au bas de ma carte, As
de ma banque et jeu de la chandelle
cela en vaut-il la numération ? Aliénation
aux dés, au hasard : spéculations sur des montants sans fard
sans artifices, feux
follets s’éteignant au supplice
des secondes, je ne suis que ce
monticule broyé de chiffres et de lettres
vitale ou non je suis le résultat des
battements de ce cœur de papier
billets
que l’on ne voit pas, argent sans consistance
équilibre narquois et fugace apparence

à choisir, choisissez la seconde main

je n’ai
pas crié assez fort, pas assez
lourdement
le
jeu en valait la peine
mais à peine
un risque, une
résistance, un acte
les coups n’en valent pas les cartes
je ne veux que ce grain qui se sait
utile
folie, folie es-tu la seule chose que je sache
caresser du doigt, je ne vois
que ton nom sur ces pavés anciens
ces rumeurs
sont-elles miennes ?
ou bien celles
de ce feu qui jadis étreignait les cœurs
résistants
nous reste-t-il l’odeur
de ce qui fut le choix de vivre debout ?

effacements, effacements
la vie se prend, se reprend
effacements, doucement
la vie se meurt, un instant
une seconde, envolée, une histoire
de souvenirs, de passés
les chaos de nos rires, les
peurs de l’avenir, du présent
effacements, effacements
nos vies s’oublient, les moments
s’enchaînent et se dispersent, le blanc
laisse place au blanc
mais la suite n’en démord pas, car

quand la vie aura enfin trouvé
l’or de ses sables et ses fées
le diamant blanc de sa mémoire
et l’histoire
envahissant nos têtes
elle aura trouvé sous la bête
le corps éteint d’une utopie

ma tête
ma tête est pleine, songes
à jamais résiliés
résiliences, me rendent
folle

asile, asile, asile à l’aise
à l’endroit
que peut donc mon malaise face à ce monde qui bat
asile, asile, asile à l’aise
tout bas
le bonheur ne nous semble exister que parfois
asile, asile, asile pour hommes, pour moi
je déclame et chantonne sans savoir même pourquoi
asile, asile, asile à l’aise, c’est moi
qui couds et file ma propre laine, mes pas
conduisent sans bruit à ce dilemme
cette loi
asile pour homme, asile, asile pour soi
les océans noirs, métronomes
décomptent goutte à goutte ce mal-être qui fut moi

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