poèmes 2019, Poésie, Recueil - Chiffres et bagatelles

Septième Continent

la saveur du plastique
épique
question de la bataille
quelle arme et quelle monture, quel
harnachement, comment lutter, et
je ne suis que ce pilier des mers, animal
sans fond ni caverne, se terre
entre le septième continent et les sables marins
embruns
qu’il fut impossible d’acquérir
cachons
nos misères, pleine
responsabilité, le feu
coula sous la lave, les océans se bousculent
nous revivons
les premiers temps, les premiers éveils
bouteilles
à la mer
sos cinglant mais lancé à la terre
nous coulons
ni hommes ni demi-dieux
mais ceux
qui détruisent sans rebâtir, qui
ne savent pas créer

nous sommes
de ceux qui gesticulent
ceux qui errent, ceux qui
ne savent pas marcher, nous sommes
de ceux qui s’arrêtent en mouvement, ceux qui sont
bien assez bête pour jeter, pour défigurer
terre, terre
cria-t-on de là haut, mais peine perdue
encore un cri dans l’abîme étendu
comme un drapeau sans fond
sans couleur ni patrie

je ne suis
que ce cri amer, et nature, et désert
se meurent de ne pouvoir crier
îles
sortez vos papiers

Miroir sans en avoir l’air, nous sommes
moches, nous sommes
finis d’être beaux, d’être forts, nous sommes
faibles, nous sommes petits, nous sommes nus
nus comme des vers, bouffant nos existences
pomme
ou fruit de la résistance
que faut-il donc jeter par delà les fenêtre, j’ai vu
la voiture devant moi d’où sortait un paquet
cadeau pour la planète, plastiques
je veux que l’on vous jette, je veux que l’on vous
rejette, je ne veux
plus, je suis
ce soleil, cette soif, cette loi
et ce coup final
fatal
abondance de certitudes, nous sommes
ce relent d’assurance humaine
certaine
qu’elle saura calmer le jeu
trouver d’autres planètes, d’autre lieux
pour exporter au mieux
ses miettes de civilisation, nous ne sommes
ni hommes ni demi dieux
mais bien somme
de toutes nos incertitudes, nous forçons
la nature pour ne pas qu’elle s’exprime
puisque abîme
de nos vies la mort, peurs
de n’être pas encore
bien plus que des hommes
somme
de nos turpitudes
de tous temps, mais rien
n’est plus comme avant nous choisissons
d’être grands, de
garder la main mise
sur la vie et la mort, et la mort et la vie qui suivront
jeux de feu, avec panache, avec
crasse
nous ne sommes pas assurés de ne pas brûler

comment respecter ce qui nous est donné ?

fragilité mienne
sème
dans mon âme ta poésie
frêle
mais aussi
belle

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s