Troisième oeil

la folie des espaces, l’amour du
faux semblant
le temps semble s’aimer et longer les présents
de ces instants qui crèvent
je veux
une goutte de vie où l’abandon s’oublie
un rêve, un
instant de fraternité, je veux
la fragrance d’un choix, une
liberté, la
volupté d’un envol
comme une
délivrance

mais la valise à la main, l’œil aguerri
je cherche, la gare est vide
mystère
d’un train manqué, d’un wagon
qui ne fut pas le mien, et pourtant
parti
je ne suis pas de cette vie, pas de cette
maison, je ne suis
pas d’ici mais qu’importe
on ne viendra plus

citadelles de
famines de la vie, faim du
monde qui danse
parsemez à nos pieds vos amours et vos transes
jouez !
et de tous vos délires, de toutes vos inepties
faites encore s’enfuir la splendeur et le bruit
des anges
puisque l’illusion nous dérange, la
beauté nous scarifie
chantez pour cela l’étrange
mélopée de l’espoir, l’air de la chair qui vit

sur le comptoir, sur le
trottoir
les yeux
qui roulaient des paupières, les miens
sans hâte ni fin
que me vaut cet hymne abandonné ?
trouvé là au fond de la nuit
je ne veux pas y croire
pas déjà, pas encore
aurore
que je refuse de déclamer

je ne veux pas le feu, pas la lumière
les ombres m’iront bien
elles éteindront sur ma main
le fil de cette joie qui ne veut pas mourir
et vous

les miraculés du monde
les assoiffés de la vie
oh l’espoir ne meurt pas tant que l’on reste épris
de chaleur

reflet, au devant
de moi, au dedans de nous, je
ne sais si c’est
moi
ou elle, espace
de notre existence, de notre
miroir sans tain
lutte qui n’aura pas l’audace, qui n’aura pas
la solution
double que je ne suis pas, elle est
libre

et si le ciel voguait, et si, on pourrait dire
que la voile lactée formerait son navire
et de tous ses voyages, entêtant son et signe
de son éternité, voguant au grès des rimes
elle souffla

je ne veux pas choisir, pas déjà, pas
contre mon grès, je ne sais plus comment allumer
ce feu qui vibrait hier
elle, sereine, sait qu’elle ira demain
ayant choisi la beauté du refrain, de la
poésie

je la vois qui s’avance sur

le fil suspendu, à peine
effleuré, elle passe
elle passe sans une once d’intérêt et chasse
les mots

si tard, écoute
donc, écoute encore, si
tard encore l’aurore se lève, se
métamorphose, la perfection
des mœurs, la
volupté des cœurs, des
ivresses

que ne fus-je ivre moi aussi
de cet envol, de cette
façon d’être à soi

amours, ne me laissez pas

vous couleur
de mes souvenirs beiges, de mes
sabliers dorés, qui hantent
souvenirs anticipés, dénoués
compris
et le sens du nœud s’éclaircit
la volonté s’exclame : enfin!
car elle attendait désespérément
la fin des tourments, ces soleils
de feu, brûlants
et la flamme lécha le fer
brûla la main
puis s’enfuit

prise au cœur, prise à la
gorge, la
bohème, la frêle

claquements blancs et noirs, claquements secs
drapeaux de ma mémoire, et soleils, et soif, et moi
qui ne suis que ce moi qui aime
oh laissons donc nos vœux à la chaîne
attachés blancs et blêmes
et fuyons

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