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Le Poète

Tu écris et déjà ta muse au loin du port,
Ritournelle versée du meilleur ou du pire,
Efface ta peur sombre et te soumet l’empire,
Du mot déjà fuyant l’oubli dans son ressort.

Mais refusant toujours d’en alterner l’effort
Elle avance et te joue sa musique de cire,
Brûlant le papier mat et son éclat de rire
Vient moucher dans tes doigts la mèche azur du sort.

Discret combat que vainc l’instinct sans gouvernail,
Qui rassemble en harem les rimes au sérail,
Et choisira la belle aux ors du matin tendre.

Allume, allume encore et l’étoile et le ciel
Assume à bras ouverts et le miel et le fiel
Du vers qui se termine en un souffle de cendre.

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Une petite mésange

Une petite mésange
Jouait à faire l’ange
Sans se casser le cou
Ma foi j’en suis fou

Un petit pinson
Jouait d’l’accordéon
Sans se casser les reins
Ma foi j’en suis plein

Une petite abeille
Fabriquait du miel
Sans s’émerveiller
Ma foi j’en suis fait

 

(poème écrit à l’école primaire – je vous ai corrigé les fautes d’orthographe…)

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Le Rossignol

Un rossignol
Avec un parasol
Chantait des trilles
Encore des trilles
Toujours des trilles
Mais les trilles sont tombées dans l’eau
L’eau est tombée dans le seau
Le seau est tombé dans la marmite
La marmite est tombée sur un pic
Et la marmite s’est percée
Et le seau s’est renversé
L’eau est restée où elle était
Le rossignol
Avec son parasol
Est allé boire un peu
Dans l’eau un petit peu

(poème écrit à l’école primaire – je vous ai corrigé les fautes d’orthographe…)

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Ad Vitam Aeternam – Extrait 22

Anita et Gregor attendaient sur la plateforme depuis plusieurs heures déjà. Les autres condamnés s’étaient assis pour la plupart. Il faisait chaud. Quelques-uns avaient tenté de s’éloigner de la plateforme à la nage, mais étaient rapidement revenus : il n’y avait rien, autour, que cette eau profonde.
« Alors ils nous laissent mourir là, au soleil… » dit Gregor
« Remarque, pour eux ça ne change pas grand-chose » dit Anita. « Mais il y a forcément une issue ou une solution, sinon nous serions entourés de cadavres. Cela m’étonnerait qu’ils viennent les récupérer… »
« Tu parles, les marrées les ont emportés » fit Gregor dont le pessimisme commençait à énerver Anita.
Tout à coup une femme cria, debout à droite de la plateforme, penchée vers l’avant, elle avait commencé à faire de grands signes de bras face à l’horizon.
« Il y a quelque-chose… » murmura Anita.
En effet, au loin, un point éloigné semblait se rapprocher.
« C’est une embarcation » dit Gregor qui avait apparemment une bonne vue.
Tous les forcenés se mirent bientôt à crier, debout, agitant les bras.
L’embarcation venait dans leur direction. Une sorte de petit bateau en bois, dont les deux voiles semblaient faites de tissus rapiécés. Enfin, elle fut assez proche pour pouvoir en distinguer les occupants : deux hommes à la barbe épaisse, aux cheveux mi-longs.
« Ça doit être d’anciens prisonniers, il doit y avoir des terres quelque-part… » dit Gregor, trépignant d’enthousiasme.
Les deux hommes lancèrent alors une corde épaisse, qui ressemblait en réalité plutôt à une liane tressée. Certains sur la plateforme l’attrapèrent et le léger bateau accosta.
« Montez, vite » Fit l’un des deux barbus.
Les prisonniers ne se firent pas prier. La vingtaine d’hommes et de femmes s’entassèrent dans l’esquif.
« J’espère qu’on ne va pas très loin » fit Anita qui était tout comme Gregor à l’arrière du bateau.
« Ça tangue » continua-t-elle.
Un des deux barbus, qui était tout proche, l’entendit et répondit aussitôt.
« Non pas loin. Vous serrez étonnés. »
Le bateau repartit alors, lentement. Les deux hommes dirigeant le gouvernail avaient donné aux prisonniers de longues rames et avaient rangé les voiles, afin d’éviter d’assommer l’un ou l’autre avec la Bôme, tant ils étaient tous serrés. L’un des deux capitaines actionnait le gouvernail tandis que le second, debout près de la poupe, donnait des ordres clairs aux rameurs afin de coordonner leurs mouvements.

Ils avancèrent doucement sur une mer d’huile. Enfin, un homme qui se trouvait tout au bord du bateau et qui actionnait une des rames s’écria : « Le fond de l’eau ! On voit le fond de l’eau ! ».
« Restez à vos places ! » cria l’homme qui dirigeait les rameurs, face à ceux qui commençaient déjà à s’approcher du bord pour mieux voir. Ils avancèrent encore une vingtaine de minutes, sur une mer effectivement peu profonde et au fond de laquelle on distinguait d’épaisses formes rocheuses. Le capitaine, qui maniait le gouvernail à la perfection, faisait adroitement passer le bateau entre les roches, connaissant la route à emprunter comme sa poche, de toute évidence.
« C’est bon, descendez » fit soudain le capitaine. L’embarcation était arrêtée au milieu de l’eau. Aucune terre en vue, et l’eau s’étendait de toute part. Pourtant, sous eux, les formes épaisses des roches marines semblaient situées de façon peu profonde.
Ils descendirent donc et se placèrent sur la plus haute des roches, près de laquelle le bateau avait ‘accosté’. L’eau leur arrivait au nombril. Suivant les deux hommes, qui avaient solidement attaché le bateau à une des roches, ils marchèrent sur cette crête immergée plus d’une heure, slalomant entre les vagues dans une eau claire leur arrivant tantôt à la taille, tantôt aux épaules. Les deux barbus leur avaient donné une longue liane, à laquelle ils se tenaient tous, l’un des deux hommes ouvrant la marche, et le second la fermant.
Après une longue et fatigante avancée dans l’eau épaisse qui entravait leurs mouvements, ils aperçurent enfin ‘quelque-chose’.
Non loin d’eux, des arbres de petite taille mais aux racines épaisses et noueuses s’enfonçaient entre les roches marines et s’élevaient hors de l’eau. Entre les racines courbes, dont l’épaisseur devait être celle d’un bras, on distinguait des plateformes de bois et des habitations précaires. Là, des formes légères allaient et venaient, des hommes et des femmes sans doute, qui peuplaient cette étrange ville arboricole.

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Ad Vitam Aeternam – Extrait 21

Je me souviens de ‘là-bas’, cet autre univers, cet autre XXIIIème siècle. Je me souviens de ma sortie de l’école de danse, de mon diplôme, de ma médaille d’or au concours de fin d’étude… Je me souviens, aussi, de mon achat par Gustave Cortez… C’était en 2263 de l’autre ère… Un monde qui n’existe plus. J’ignore encore quel fut mon prix. Je fus achetée comme une pièce de collection, un objet de valeur.

C’est grâce à ma présence à la cour, grâce à cet achat, que j’ai pu rencontrer Owen Carson. Je garde un souvenir précis du moment où je l’ai vu pour la première fois. Sous les arbres du parc. Dans cette semi-obscurité. Un croisement de regard. Un sourire.

Je ne crois pas que cela soit forcément à décrire. Quelque-chose d’indélébile. Une marque au fer rouge, au fond de moi-même. La difficile conciliation de mon cœur et de ma voix. Un silence. Et cette phrase. Cette phrase qui m’envahissait sans pouvoir malgré tout sortir. La banalité d’un ‘bonjour’ pour faire face à l’épreuve du silence. Quelques secondes d’une certaine hésitation. La patience de sourire encore, naïvement.

La beauté, oh oui, la beauté comme seule issue aux battements inconditionnels de mes paupières. Mon cœur à la ramasse, au chaud, entre les feuilles mortes de mon jardin intérieur, dépourvu de racines mais trônant quand même au centre de mes pensées. Le ventre inassouvi du conte de fée, qui hurle, qui veut lui aussi faire ressurgir du sol les morceaux émiettés des histoires entendues enfant.

L’amour. Celui des idéaux, celui des rêves de douceur. Quelque-chose de l’ordre du soulagement.

Le regard d’Owen était resté imprimé en moi, limpide, sincère. Cette première rencontre fut ainsi on ne peut plus courte, et quasiment silencieuse. Ce fut pourtant brûlant. Indélébile.

Les semaines qui suivirent eurent ce je-ne-sais-quoi d’amer. Je revis Owen à plusieurs reprises, mais toujours entouré et il m’était impossible de lui adresser la parole sans risquer de soulever des questions. Durant plus d’un mois, je restai ainsi, guettant ces entrevues, dormant mal et ne pouvant rien faire pour rompre le charme qui semblait me lier à lui. Gustave ne me demandait que rarement de danser, lors de représentations durant lesquelles il était accompagné de quelques autres dignitaires et il me fixait alors du regard comme pour déceler dans mes gestes une faille quelconque. Il me semblait que mon talent pour la danse m’avait quitté.

Contrairement à ce que beaucoup pensaient, je n’avais pas confiance en mes capacités. Et c’est bien ce que Gustave décelait lors de ces improvisations qu’il exigeait de temps à autres. Quelque-chose en moi n’était pas conforme à ses attentes. Je décevais.

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Ad Vitam Aeternam – Extrait 20

Je commence ici ce carnet en espérant qu’il soit utile. Je me nomme Anita. Je vis dans la seconde moitié du vingt-troisième siècle. Nous vivons dans des villes-îles et l’eau recouvre une bonne partie de la terre. Tout est tellement différent… Avant, avant nous vivions sur la terre ferme. Dans cette autre réalité. Dans cette autre vie.

Je suis allongée sur ma couchette dans cet abris situé au ‘Ground-moins-un’ J’ai décidé d’écrire mon histoire. Afin que d’autres comprennent. Que d’autres sachent. Que les gouvernements se préparent peu à peu à une nouvelle façon d’envisager le monde. Une conquête d’un autre genre. Quelque-chose auquel nous n’étions pas préparés, et qui advient là, maintenant, aujourd’hui. Quelque-chose qui a déjà commencé.

La première fois que je suis ‘partie’, c’était un jour où ma mère était revenue euphorique au soir. Je devais avoir 10 ans. Elle sortit de son sac une petite bouteille de verre qui contenait la brume caractéristique de la Lyssiem, mais blanche au lieu d’être noire. Lumineuse. Ma mère ouvrit la bouteille et inspira la brume. Elle s’affala alors sur le sofa, souriant d’hébétude, soulevant ses mains comme pour caresser d’invisibles créatures.

Je m’approchai de la fumée blanche, curieuse, et inspirai lourdement à mon tour. Aussitôt des ombres blanches apparurent dans la brume claire qui m’entourait. De petits personnages faits d’encre brillante. Je vis alors que ma mère caressait doucement l’un d’entre eux. Une forme plus massive que les autres, de taille humaine, au visage sculpté avec précision. Je pensais alors à mon père, que je n’avais pas connu. Était-ce lui ? Je choisis de me détourner de cette vision ténébreuse et d’amadouer à mon tour un des personnages. Il s’arrêta près de moi, et son contour se transforma alors en une porte, sans poignée ni verrou. Je m’avançai. La porte était déjà ouverte, semblait-il. Un léger vent me parvenait depuis cette blancheur opaque.

Je franchis alors la porte. À l’intérieur, un tunnel luminescent se prolongeait sur une bonne distance, au fond duquel brillait une lumière bien plus blanche encore. Je sentis mon cœur s’accélérer, une violente douleur m’oppressa la poitrine, ma vision se brouilla.

De l’autre côté, je me retrouvai au milieu d’un environnement limpide, pur, illuminé de lumière. Sous mes pieds : un étroit chemin fait de ce même scintillement. Je me mis à marcher. Bientôt, un croisement se présenta à mes yeux. Sur le bas-côté d’un des chemins, un homme était assis. Il ne me vit pas tout d’abord. Il semblait tracer des signes sur la poussière du sol.

– Où on est ? Demandais-je du haut de mes dix ans. L’homme se retourna. Je vis ses yeux sombres, tristes, sa chevelure brune. Il fut, semble-t-il, surpris de me voir.
– D’où arrives-tu ? Demanda-t-il.
– De Colmar, répondis-je.
Il sourit et reformula sa question.
– Comment es-tu arrivée là ?
– La Lyssiem, répondis-je. Maman…
Un éclair de compréhension se fit dans son regard. Il se tourna vers moi.
-Essayons de rentrer, dit-il.
Il me prit par la main et nous repartîmes dans la direction d’où j’étais arrivée. Il m’emmena à travers un dédale de chemins et de croisements dont je n’avais pas souvenir. Comme un labyrinthe, mais qu’il semblait connaître comme sa poche. Enfin, nous retrouvâmes la porte sombre.
– Passe de l’autre côté, me dit-il.
– Et toi ? Dis-je.
– Moi, je dois retrouver ma propre porte, répondit-il.
– On est où ? Dis-je alors.
– De l’autre côté, dit-il. Certaines personnes comme toi, ou moi, peuvent y aller et venir avec confiance.
Je passais alors à travers le couloir sombre et sentis une violente douleur à la poitrine, une oppression sans pareille. Ma vue se troubla.
Je m’éveillais alors en toussant, allongée à même le sol.
– Anita ! S’exclama une voix.
– Maman ? Réussis-je à articuler. J’ouvris les yeux. La voisine était là, les larmes aux yeux. J’aperçus alors non loin le corps inerte de ma mère. Elle ne se réveillerait pas. J’étais seule à être ‘revenue’.

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Ad Vitam Aeternam – Extrait 19

Après une attente harassante, les moteurs furent lancés. La navette vibra doucement et Anita sentit que l’on s’élevait. Puis la propulsion se mit en branle et ils furent tous plaqués contre leur siège.
Le voyage fut morne. Anita chercha à dormir par tous moyens mais le dénommé Gregor ne cessait de bouger sur la siège à côté d’elle.
Enfin, la propulsion fut désactivée et elle sentit la pression cesser dans son dos et sur ses épaules. Les hélices prirent le relais et ils descendirent durant plusieurs minutes. Enfin, la navette toucha le sol. La gigantesque porte de l’habitacle s’ouvrit automatiquement, en un bruit de ferraille, et les ceintures furent débloquées.
Aussitôt, les forcenées les plus proches de la porte se précipitèrent dehors. Les villes ne montraient jamais d’images des Landes. On savait simplement qu’il s’agissait d’un lieu sur la terre ferme qui demeurait non-cultivable, et où l’on envoyait les forçats.
Les quelques personnes ayant couru vers l’extérieur s’arrêtèrent net une fois dehors, obstruant ainsi la porte. Ils semblaient interloqués, surpris.
« Ça n’a pas l’air fun, là-bas » remarqua Anita à l’adresse de Gregor qui s’était déjà levé.
Ils attendirent leur tour avant de sortir à leur tour sur l’étroite plateforme sur laquelle avait atterri la navette. Ils virent alors ce qui avait surpris les autres : la plateforme était une forme de piste d’atterrissage flottante. Tout autour d’eux : la mer. De l’eau à n’en plus finir.
« C’est quoi ce bordel… », fit Gregor.
Déjà la navette fermait ses portes tandis que l’IA qui pilotait l’engin actionnait les hélices pour le retour vers Atastani.
« Attendez ! Oh ! On va où, nous ? » cria l’un des forcenés. Le vent provoqué par les hélices couvrit le son de sa voix, et la navette s’éleva à la verticale dans les airs, avant de disparaitre rapidement derrière les nuages les plus bas.
« Génial… » fit Anita.
Tout autour d’eux l’eau s’étendait à perte de vue, et la frêle plateforme dansait au grès des vagues et des courants marins.

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Ad Vitam Aeternam – Extrait 18

Anita était arrivée au SAS d’Atastani depuis à peine une demi-heure, et elle trouvait déjà le temps long. Elle jeta un regard circulaire sur la petite navette qui allait les déposer sur une des plateformes conventionnelles des Landes. C’était un habitacle tout en longueur, éclairé par des néons rouges, et qui ne comportait aucune fenêtre. Tout du long se trouvaient des sièges sur lesquels se trouvaient assis les forcenés dont elle faisait partie. Le voyage devait durer environ 3 heures. Ils partiraient peut-être d’ici une heure, elle n’en savait trop rien.
« Nouvelle ? » fit un homme non loin d’elle.
« Bien sûr. Comme nous tous. » Répondit-elle abruptement.
« J’avais espoir que certains d’entre nous soient là pour la seconde fois… »
« On ne revient pas des Landes, comment voulez-vous… »
Elle s’arrêta. L’homme qui lui faisait face, un brun aux yeux bleus, semblait perdu, ailleurs, comme mélancolique.
« Oh, répondit-il, j’aurais aimé revoir mon fils, c’est tout… »
Sa voix était comme brisée.
« Comment vous appelez-vous ? » fit Anita d’une voix sensiblement plus douce.
« Gregor. Gregor Williams. »
« Moi c’est Anita. »
Un silence s’installa. Elle n’avait jamais été à l’aise avec les présentations. Le dénommé Gregor était plongé dans ses pensées, complètement ailleurs.
« Quatre heures de route, fit-il soudain… ça va être long, merde… Tout ça pour se retrouver au bout du monde… Loin de tout… Loin de… Oh, vous savez… »
Il s’assit à ses côtés. Anita se sentait émue. Elle n’avait pas d’enfant mais pouvait comprendre la douleur de cet homme.
« Vous savez… » Commença-t-elle dans un raclement de gorge. « Il y a peut-être un moyen… » Dit-elle dans un souffle.
« Un moyen ? De quoi… De revenir ? » Murmura à son tour Gregor.
« De ‘voyager’ ». Anita se mordit la lèvre. Elle en avait déjà trop dit…
« Je vous expliquerai une fois que nous serons arrivés », dit-elle, en espérant que d’ici là l’homme ait complètement oublié.

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Ad Vitam Aeternam – Extrait 17

Le docteur Owen avait passé sa journée penché au-dessus d’un microscope, analysant son propre sang et quelques micro-lamelles de sa peau. Il ne parvenait pas à trouver d’explication. Ses résultats étaient tout aussi clairs que ceux des autres scientifiques, qu’il avait déjà pu effectuer sur place, avant que ceux-ci ne soient embarqués par les équipes médicales adéquates. Pas de virus, pas de dysfonctionnement… Aucune anomalie…
« Ce ne sont pas des microbes… » Soupira-t-il. Il s’approcha de son petit coffre-fort et l’ouvrit. Dedans, il prit la bouteille de verre contenant l’étrange matière luminescente.
« Je me serais trompé… ? »
Il hésitait à l’ouvrir, mais la curiosité l’emporta…
« Après-tout, murmura-t-il, je suis apparemment immunisé. »
Il retira précautionneusement le bouchon hermétique. La brume phosphorescente s’échappa lentement de la bouteille et se déploya tout autour d’Owen.
C’est alors qu’Owen les vit… Des personnages faits de lumière claire, qui se mouvaient doucement dans la brume.
« Qu’est-ce que… »
Il vit alors que l’on des personnages s’était immobilisé et qu’à sa place se trouvait à présent une sorte de porte d’un blanc mat. Il s’en approcha. Un léger vent provenait ‘de l’autre côté’. Owen avança un peu, hésita quelques secondes, puis franchit la blancheur opaque de la porte.
De l’autre côté, il se trouvait dans un environnement blanc, et sous ses pieds se trouvait un chemin lumineux, qu’il hésita à suivre. Mais il préféra se retourner : la porte était toujours là, droite, opaque. Il la franchit de nouveau et sentit cette fois une oppression sans pareille… Son cœur lui faisait atrocement mal. Il ferma les yeux, sentit son esprit divaguer…
Lorsqu’il reprit connaissance, il était allongé à même le sol dans son salon, devant le coffre-fort, la petite bouteille de verre, à présent vide, gisant à côté de lui.

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Ad Vitam Aeternam – Extrait 16

Grâce à Ibraheem, Tracy avait pu obtenir une adresse virtuelle à laquelle écrire pour contacter la personne qui avait mystérieusement écrit à ‘Cat’. C’est ainsi qu’elle avait échangé quelques messages anonymes avec cet interlocuteur. Et voilà qu’il lui avait donné rendez-vous. Un rendez-vous physique, concret, au sous-sol 150. Le dernier des niveaux sous-marins d’Atastani.
Elle arriva rue Michel-Ange légèrement en avance, chercha du regard la porte grise dont lui avait parlé son interlocuteur. Elle la trouva assez facilement : une petite porte de métal, située à côté de l’immense ascenseur, et qui portait le panneau ‘INTERDIT : MOTEURS’. Elle regarda autour d’elle, s’appuya discrètement contre le mur et en un mouvement se retrouva à l’intérieur d’un petit cagibi sombre. Elle referma la porte derrière elle.
Il faisait noir.
« Cat ? » Fit une voix dans l’ombre.
Elle sursauta.
« Moi c’est Jimmy » Fit la voix.
Tracy vit alors une lampe s’allumer dans le noir et un visage apparaître.
Il s’agissait d’un beau jeune-homme, mais plutôt malingre, d’environ vingt-cinq ans.
« Cat’, ce que j’ai à vous dire va vous surprendre. Cela concerne l’Ombre. »
Tracy se rapprocha légèrement. L’homme murmurait à peine et elle devait tendre l’oreille pour ne pas manquer un mot ou le sens d’une phrase.
« Ce que vous nommez l’Ombre, et qui vient à peine d’apparaître pour la première fois… cette matière se nomme ailleurs la Lyssiem.
« Ailleurs ?… Vous voulez-dire dans une autre ville ? Je n’ai jamais entendu parler de… »
« Dans un autre monde, fit Jimmy, une autre réalité. »
Il y eu un long silence.
« Je ne comprends pas, reprit finalement Tracy, vous parlez de quel monde… ? »
« Imaginez, répondit Jimmy, que l’on puisse changer l’histoire… Le passé. »
« Je ne vous suis pas… »
« La Lyssiem, l’Ombre… elle permet beaucoup de choses… Des choses inconcevables… Il faut se préparer, Cat’, à un nouveau genre de guerres… »
« Vous voulez dire des guerres où l’on pourrait revenir en arrière… changer la situation, les données du conflit… »
« Pas seulement, fit Jimmy. Des guerres où la conquête se ferait non pas de façon géographique, pour agrandir des frontières terrestres, mais des guerres où l’on chercherait à conquérir d’autres temps, d’autres époques… »
« Je comprends, répondit Tracy, mais pour que cela existe, il faudrait que les voyages dans le temps soient réalisables et… »
« Imaginez, fit Jimmy, imaginez que la Lyssiem, l’Ombre si vous préférez… Imaginez que cette matière-là rende ce genre de choses possibles… »
« Vous êtes réellement sérieux ? C’est une plaisanterie ou bien vous me parlez réellement de choses complètement inconcevables… ? »
« Il faut prévenir les dirigeants, fit simplement Jimmy. Et la population. La Lyssiem va apporter avec elle son lot de conflits sanglants et de défaites. Personne n’est prêt pour ce genre de choses. Personne. »
Il éteint la lampe frontale qu’il portait sur lui, et disparu aussitôt dans l’ombre.
« Jimmy ? » fit Tracy. Mais il était déjà partit, la laissant décontenancée et perdue.
Le passé… Oui… Le passé avait son poids d’horreurs et de guerres, mais rien, non, rien n’avait jamais été aussi effrayant que la possibilité de se déplacer sur l’échelle du temps. Des dictateurs pouvaient refaire leur apparition, des armées pouvaient être lancées à la conquête du monde actuel…
« Tout cela est délirant… » Finit-elle par soupirer, avant de reprendre tranquillement son chemin sur la rue Michel-Ange. Il fallait en savoir plus sur l’Ombre, certes… mais… croire les balivernes de ce zonard sorti de toute évidence du Ground-moins-un, ce… Jimmy… Non. On ne pouvait tout de même pas croire toutes ces choses possibles…

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