La Naïveté Féconde – Chapitre 11

Premièrement, parce qu’il y a un début à toute chose, premièrement donc, ils ont commencés à nous inviter pour le goûter. Faut dire que depuis la disparition de Mme Legrand, on n’avait trouvé personne d’assez gentil pour la remplacer. Donc ils nous ont invités, d’abord de manière occasionnelle, puis tous les jours, à prendre chez eux, devant la télé et sur le canapé assis comme des pachas, quelques gâteaux et deux ou trois verres de jus de fruit. Bien sûr, ça ne valait pas les gâteaux à la cannelle. Mais bon. Faut pas non plus tout critiquer sinon on prend plus goût à rien. Bref. Enfin tout ça pour dire que pour les observer nous étions du coup aux anges, puisque contrairement à Mme la Folle, eux ils nous laissaient rentrer chez eux et même, ils l’exigeaient presque. Enfin aux anges c’est beaucoup dire, et ça, depuis le temps que je vous tends des perches, j’espère bien que vous l’avez compris. D’ailleurs même, à mon avis, à ce stade du récit vous devriez déjà avoir plus ou moins saisi vers quoi je vais et ce que je cherche à dire. Et donc, par conséquent, si vous avez déjà compris ça c’est qu’il y a, peut-être, autre chose à chercher… enfin moi je dis ça je dis rien, de toute manière. Poursuivre la lecture « La Naïveté Féconde – Chapitre 11 »

La Naïveté Féconde – Chapitre 10

L’arme. Le fait de tuer. Qu’importe l’arme. L’arme avait été enclenchée. La sécurité avait été mise de coté, pour ne plus risquer qu’elle vienne empêcher le coup de partir, et les coups pouvaient, dès à présent, fonctionner à répétition. C’est une chose que l’on retrouve dans des films comme « la cité de dieu » et c’est une chose que l’on retrouve dans le monde tout en entier. Un homme qui a une arme enclenchée au poing, c’est un homme qui tout à coup, possède le pouvoir de tuer. Un étudiant qui tout à coup tue sans raison des dizaines d’autres étudiants qui lui ressemblent tout à fait. Peut-être justement pour cette raison. Pour montrer que lui, il est différent. Pour montrer que lui, il existe. Plus que tous les autres. Plus que n’importe qui vu que lui, il peut décider de qui doit vivre où mourir. Poursuivre la lecture « La Naïveté Féconde – Chapitre 10 »

La Naïveté Féconde – Chapitre 9

C’est donc ainsi, je reprends les choses clairement pour que vous arriviez à suivre, qu’on a découvert l’apnée. Je veux dire, l’apnée véritable. Celle qui nous fait frôler la mort. Nous ne sommes pas les seuls d’ailleurs à avoir tenté ça. Je veux dire, nous, ce n’était pas fait exprès bien sûr, mais quand on entend parler des gosses morts à cause de jeux où, justement, ils arrêtent de respirer pendant le plus de temps possible, ça fait réfléchir. Peut être que les enfants ne savent pas faire la distinction entre les bonnes ou les mauvaises expériences. Ils essaient tout. Ils sont curieux de tout. C’est peut être ça qui nous a poussé à aller plus loin encore. Poursuivre la lecture « La Naïveté Féconde – Chapitre 9 »

La Naïveté Féconde – Chapitre 8

La première expérience qu’on a voulu faire avec le tank, pour qu’il nous explique un peu mieux de quoi il s’agissait, ça a été de voir ce qu’il était vraiment capable de donner quand on le mettait à l’essai. Pour cela nous sommes retournés, peu de jours après le jour de la crémaillère, dans la remise fermée et détentrice du grand savoir. Je veux dire par là que déjà elle était pour nous l’endroit où en apprendre encore plus, et c’est d’ailleurs pour ça qu’on y est retournés aussi vite. Premièrement, ce tank, il était génial par fonction. Un barbecue ça veut dire fêtes, soirées, grillades, rencontres, sourires. Ça veut dire tout ça et on le savait bien, donc on était très intéressés de premier abord par cet objet là. Ensuite, en plus de ça, il avait une allure extraordinaire. C’était vraiment un barbecue du tonnerre, un qu’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie. Trop génial, en deux mots. Poursuivre la lecture « La Naïveté Féconde – Chapitre 8 »

La Naïveté Féconde – Chapitre 7

A partir de ce jour a commencé la véritable enquête. Je veux dire l’enquête qui nous a portés jusqu’au bout de nous même, et qui nous a fait comprendre comment nous fonctionnons vraiment et ce que nous recherchions. Nous n’avions plus besoin d’idéal. Nous étions. Je veux dire, nous existions. Cette atteinte incroyable qu’avait eu le passé sur nos rêveries était telle qu’elle nous avait fait franchir ce fossé fabuleux qui sépare habituellement la réalité de l’imaginaire, et pour cela elle nous avait propulsé dans des lieux incontrôlés de nous même, mais tellement beaux et tellement légers que nous ne pouvions plus revenir en arrière. Poursuivre la lecture « La Naïveté Féconde – Chapitre 7 »

La Naïveté Féconde – Chapitre 6

Ce que je vous ai pas dit aussi c’est que ce jour là, le jour était triste comme un bouc. Le ciel était d’un gris neuf, qui brille, qui paraît presque blanc, qui vous donne l’illusion d’un beau jour. Mais il était gris. Gris d’acier. Le métal dans le ciel. Nous, nous étions encore innocents comme des chats morts. Fatigués. Jamais jour ne nous parut plus long. Pourtant, il n’y avait pas de raison particulière à cela. Je veux dire par là que c’était un jour qui n’était pas préprogrammé pour être long, ni court, il n’était pas programmé du tout, de ces jours que l’on ne sait pas quoi en penser la veille, parce que, justement, ce sont des jours comme les autres, alors notre imagination s’envole et recréé sur ces mur froids du jour gris un autre jour plus dense en rêves. La magie de la poésie.

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La Naïveté Féconde – Chapitre 5

Il y avait une lune gigantesque, sur ça je ne rigole pas c’est la vérité. Elle était énorme et ronde comme un œil étrange qui regardait la terre et surveillait tout ce qui s’y déroulait. Elle était comme un témoin occlusif qui savait tout et c’était ça franchement qui foutait le plus la trouille. On a nous rien vu mais tout s’est finalement passé un peu trop vite.

C’est pas facile de se dire adieu, et regarder comme ça l’autre partir, le regarder partir, le regarder partir et ne rien pouvoir faire. C’est la mort qui tue. C’est bête à dire mais c’est vrai, elle nous prend au ventre comme ça, les adieux qui nous surprennent et qui surprennent d’autant plus qu’ils se passent, et finalement ils font parti de la réalité même si nous on ne l’imaginait pas et que même on n’y pensait pas. Alors on regarde la lune comme ça, et on regarde son œil de verre qui frémit sous le vent, et puis le vent d’ailleurs soufflait sur les vitres et le carreau sec, et nous nos yeux pour le coup n’étaient pas secs.

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