Dialogue

Ô quelle est grande Ta sagesse
Toi qui cacha à nos yeux
À quel point nous pouvons être unis à Toi
Par un mystère qui nous dépasse
Toi Dieu-Hostie
Caché et silencieux
Et pourtant entièrement offert pour le monde
« L’exigence de mon amour
N’est rien
Que tu ne puisses faire »
Ainsi, ô Seigneur, mon rédempteur et mon Dieu
Ta confiance inébranlable en moi
Ne cessera jamais malgré ma petitesse ?
« Ainsi, ô ma créature
Tu es faite pour cela : aimer
Et te laisser aimer, donner
Et te laisser donner
Car moi, présent en toi
Je veux te donner au Père
Mais cela je ne peux le faire sans ta volonté
Car l’exigence de mon amour
Requiert de toi la liberté que je te donne »

Le Semeur

pas à pas, pas à peine
tes mots m’ont appelée où ils sèment
au profond de mon âme
la douceur, la sereine

paix dévoilée et fidèle
que tu me donnas pleine
et si je suis allée où je ne connais pas
c’est que ce fut en moi

pas à pas, pas à peine
il fut long le chemin longue la chaîne
qui m’entravait certaine
que je ne la voyais pas

délicate attention qui fut tienne
d’ouvrir les fers ouvrir les yeux ouvrir les dilemmes
et laisser voir à moi enfin les croix que je traîne
comme un voile que tu déchiras

pas à pas, ce ne fut pas sans peine
que je plongeais ma main, que je posais mon doigt
puisque là se trouvaient les silences et les choix
que tu sèmes

Suivre au désert

dans ce désert la soif la solitude
montrent à mon coeur ce que c’est que d’aimer
effort de suivre
ce qu’hier me semblait aisé

le silence ne sait plus très bien dire
qui de toi ou de moi se défile
pas plus ne peut mon esprit ressentir
quelle ombre entre nous se faufile

oui la nuit oui la nuit amène
son lot de doutes amers et de plaies
ne sois pas loin non pas loin de mes
peurs qui traînent

et si bien comblent mon âme assoiffée
tes mots mon aimé tes paroles,
je n’en peux plus de mes idoles
réveille-toi étend ton bras ta main me sauver

ce lieu où tu donnes au jour le jour
ton alliance contre l’inquiétude,
sera la terre où tes paroles encore
feront s’éveiller mon amour

Septième Continent

la saveur du plastique
épique
question de la bataille
quelle arme et quelle monture, quel
harnachement, comment lutter, et
je ne suis que ce pilier des mers, animal
sans fond ni caverne, se terre
entre le septième continent et les sables marins
embruns
qu’il fut impossible d’acquérir
cachons
nos misères, pleine
responsabilité, le feu
coula sous la lave, les océans se bousculent
nous revivons
les premiers temps, les premiers éveils
bouteilles
à la mer
sos cinglant mais lancé à la terre
nous coulons
ni hommes ni demi-dieux
mais ceux
qui détruisent sans rebâtir, qui
ne savent pas créer Poursuivre la lecture « Septième Continent »

Sixième Extinction

espèce de
ce siècle passé, espèce disparue, espèce
de ce qui fut beau, ce qui fut sot
fut de laisser mourir
le devenir
de ces espèces d’oubliés
ceux-là même dont on ne sait plus le nom
nous ne savons plus ce que c’est que d’aimer
que de choisir
levons
nos verres à leur santé, verre
de pétrole ou de brut, verre de
cidre ? Non mon cher, juste une verre de con
De cognac, non de con, tout simplement
je les boirai à la paille, rafraîchissement
sans prix, sans prévision
nous ne sommes pas à moitié ronds, comme des barriques, à moitié
possédés Poursuivre la lecture « Sixième Extinction »

Cinquième Avenue

ils avaient dit qu’ils
pouvaient le faire, oui, nous
pouvons, mais quoi, mais nous aussi
nous voulons
choisir
le maître du jeu, maître des
cartes, temps
qui s’écoule, trouver la
solution avant le verdict
quelle autre force quelle autre
équilibre, monde sans
espace
où trouver un tant soit peu de place
pour exister Poursuivre la lecture « Cinquième Avenue »

Quatrième pouvoir

la sagesse a parlé, elle a
donné sa main, son
allégeance
face à face qui ne se fit pas dans
l’indifférence, je
ne suis pas de ceux qui oublient, je ne
suis que de ceux qui aiment, la
sagesse a professé être mienne, être
au fond de l’eau la sereine
la pacifique

Atlantide qui ne fut submergée soi-disant qu’avec
grâce, avec classe, avec
les cœurs lourds
sagesse humaine
enterrée je le crois avec l’odeur des corps blêmes
ces corps blancs et caveaux et fosses et dents
empilées là sur le rebord
dents d’or et cheveux de soie
richesse qui ne fut pas de moi, qui ne fut pas
mienne, sagesse où étais-tu ? Espèce
étrange que l’homme, est-ce
mon cerveau ou le leur, mon cœur
ou l’absence de gènes compatibles
avec ceux de l’humanité, étaient-ils
monstres ou bien moi ou bien quoi
ou bien nous
qui sommes-nous ?
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