Septième Continent

la saveur du plastique
épique
question de la bataille
quelle arme et quelle monture, quel
harnachement, comment lutter, et
je ne suis que ce pilier des mers, animal
sans fond ni caverne, se terre
entre le septième continent et les sables marins
embruns
qu’il fut impossible d’acquérir
cachons
nos misères, pleine
responsabilité, le feu
coula sous la lave, les océans se bousculent
nous revivons
les premiers temps, les premiers éveils
bouteilles
à la mer
sos cinglant mais lancé à la terre
nous coulons
ni hommes ni demi-dieux
mais ceux
qui détruisent sans rebâtir, qui
ne savent pas créer Poursuivre la lecture « Septième Continent »

Sixième Extinction

espèce de
ce siècle passé, espèce disparue, espèce
de ce qui fut beau, ce qui fut sot
fut de laisser mourir
le devenir
de ces espèces d’oubliés
ceux-là même dont on ne sait plus le nom
nous ne savons plus ce que c’est que d’aimer
que de choisir
levons
nos verres à leur santé, verre
de pétrole ou de brut, verre de
cidre ? Non mon cher, juste une verre de con
De cognac, non de con, tout simplement
je les boirai à la paille, rafraîchissement
sans prix, sans prévision
nous ne sommes pas à moitié ronds, comme des barriques, à moitié
possédés Poursuivre la lecture « Sixième Extinction »

Cinquième Avenue

ils avaient dit qu’ils
pouvaient le faire, oui, nous
pouvons, mais quoi, mais nous aussi
nous voulons
choisir
le maître du jeu, maître des
cartes, temps
qui s’écoule, trouver la
solution avant le verdict
quelle autre force quelle autre
équilibre, monde sans
espace
où trouver un tant soit peu de place
pour exister Poursuivre la lecture « Cinquième Avenue »

Quatrième pouvoir

la sagesse a parlé, elle a
donné sa main, son
allégeance
face à face qui ne se fit pas dans
l’indifférence, je
ne suis pas de ceux qui oublient, je ne
suis que de ceux qui aiment, la
sagesse a professé être mienne, être
au fond de l’eau la sereine
la pacifique

Atlantide qui ne fut submergée soi-disant qu’avec
grâce, avec classe, avec
les cœurs lourds
sagesse humaine
enterrée je le crois avec l’odeur des corps blêmes
ces corps blancs et caveaux et fosses et dents
empilées là sur le rebord
dents d’or et cheveux de soie
richesse qui ne fut pas de moi, qui ne fut pas
mienne, sagesse où étais-tu ? Espèce
étrange que l’homme, est-ce
mon cerveau ou le leur, mon cœur
ou l’absence de gènes compatibles
avec ceux de l’humanité, étaient-ils
monstres ou bien moi ou bien quoi
ou bien nous
qui sommes-nous ?
Poursuivre la lecture « Quatrième pouvoir »

Troisième oeil

la folie des espaces, l’amour du
faux semblant
le temps semble s’aimer et longer les présents
de ces instants qui crèvent
je veux
une goutte de vie où l’abandon s’oublie
un rêve, un
instant de fraternité, je veux
la fragrance d’un choix, une
liberté, la
volupté d’un envol
comme une
délivrance

mais la valise à la main, l’œil aguerri
je cherche, la gare est vide
mystère
d’un train manqué, d’un wagon
qui ne fut pas le mien, et pourtant
parti
je ne suis pas de cette vie, pas de cette
maison, je ne suis
pas d’ici mais qu’importe
on ne viendra plus

Poursuivre la lecture « Troisième oeil »

Deuxième main

Lève-toi, petite, petit être
raconte : qui sommes-nous ? De quoi
sommes-nous faits ? Miroirs
de brumes et d’épées, je ne suis
que ce chiffre au bas de ma carte, As
de ma banque et jeu de la chandelle
cela en vaut-il la numération ? Aliénation
aux dés, au hasard : spéculations sur des montants sans fard
sans artifices, feux
follets s’éteignant au supplice
des secondes, je ne suis que ce
monticule broyé de chiffres et de lettres
vitale ou non je suis le résultat des
battements de ce cœur de papier
billets
que l’on ne voit pas, argent sans consistance
équilibre narquois et fugace apparence
Poursuivre la lecture « Deuxième main »