Métro

Regards : la
Beauté des yeux, le son glacé de la rame
Désarment
Mes lèvres suspendues
Charme
De l’instant étendu
Entre deux cils
Battements
De coeur en quelque sorte
Je ne sais si l’on va
Loin mais tes yeux me
Transportent

Tes yeux

Tes yeux : seule terre où je demeure
Seule terreau où je m’enracine
Seul sol où enfouir ma douleur
Et qui fait sourdre au coeur ce bonheur qui lancine

Tes yeux : de mes pensées seule écorce
Du berceau de mes voeux le seul bois
Seule porte sacrée que je force
Seul échafaud où j’aille, seule faille que je sois

Dansons une dernière fois

 

Dansons une dernière fois, la ritournelle est morte
Et le coeur aux abois je frappais à la porte
De mes frayeurs d’hier
Que me vaut donc le vent, dupliquant la fenêtre
Et ouvrant grand la vitre, il jette
Son amour pour la rime, il le jette, le regrette
Et dans son enclos, seul, lisant son épitaphe
Il verse encore le mord nous retenant, la vague
De nos désillusions nous ramène à ce soir
Où tu fis l’invaincu, en guise de paraphe.

Comment se peut que batte encore…

Savoir aimer sans dire « j’aime »
Te dire « tu » sans dire « aimer »
Avoir le propos sans le thème
Le verbe sans le conjuguer
Prétendre rire alors que même
L’on pense plutôt à pleurer
 
Tes yeux, mon âme, tes yeux clairs
Me disent d’aller crever
Disent à moi que je peux taire
Ce coeur qui bat à moi que j’ai
Que j’ai mais qu’il me faut défaire
Qu’il me faut fuir et oublier
 
Comment vers toi tend, Matador
Mon coeur et ma tendresse amère
Comment se peut que batte encore
Ce tambour qui aimait hier
Que l’on n’aimait que bien trop fort
Comment laissé bat-il encore

Allonge donc la monnaie

Allonge
Donc la monnaie, je
Ne vois plus très clair, la
Beauté des creux noirs où l’on se perd, je
Ne sais si la danse continuera ce soir
Ne m’en veut pas ami, tu iras seul ce soir
Brûler ton vent

Les rues, les ombres, les regards

 

Les rues, les ombres, les regards
Rouges le soir
Mon pas s’égard
Et je cours
Dans mon départ, dans mon
Autre moi, mon miroir
Halluciné qui remplace
Ma vie saignée par
Mes rêves épars
Les rues, les ombres, les trottoirs
Mes jambes
Marchandant l’espoir